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Orangina… variation sur le thème.

TENSION FECONDE ENTRE FORCE ET VULNERABILITE… ECONOMIE ET SOCIAL…

Voici une illustration de la manière dont l’exercice de Jean Monbourquette, présenté dans la denière Gazette alias Newsletter du 25 mai 2015 a pu se vivre concrètement dans une entreprise d’insertion à La Rochelle.

Une de mes très bonnes amies, Béatrice Bossart, est aujourd’hui partie fonder une communauté xavière – communauté religieuse sur les traces de Saint Ignace et de sa manière si singulière de prier avec les 5 sens, prier de façon incarnée, dans le monde, en commençant par gagner sa vie avec un métier « laïque »…. bref… – Elle est partie donc, disais-je, à Hamburg. Avec la Mer du Nord… comme dirait le grand Jacques.

Avant de partir en Allemagne, Béatrice avait relancé avec succès l’entreprise de réinsertion Vivr’actif, à La Rochelle. Cette entreprise propose entre autres travaux de l’entretien d’espaces verts, de la taille de pierre, de la maçonnerie, du tri et de la gestion de déchetterie…

Cette entreprise avait traversé dans un premier temps une grosse crise :

Tout à fait logiquement, les orientations de rentabilité, auxquelles devait veiller le chef de projet, étaient  en conflit trop violent avec la recherche de respect de la vulnérabilité des employés en insertion, à qui l’on ne pouvait pas impunément tout demander… Ces deux orientations radicalement opposées avaient donné lieu à un clash qui avait sérieusement mis en péril la pérennité de l’entreprise et de son modèle économique.

Mais Béatrice Bossart a su remettre à flots Viv’actif avec tant de finesse, sachant si bien ancrer l’esprit d’échange et de communication que l’entreprise est aujourd’hui bien pérenne… Elle a su surtout, et les chercheurs de Harvard ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, eux qui se sont intéressés de près à l’approche totalement révolutionnaire du pilotage de cette société : … Elle a su conjuguer d’une manière totalement nouvelle l’approche « business »  et l’approche « sociale » au sein de Vivr’actif, dans une forme de TENSION FECONDE. Mettre du coeur dans le business, mettre du business dans l’approche sociale…

Béatrice Bossart a ainsi été interviewée par Anne-Claire PACHE, professeur en entrepreneuriat social à l’ESSEC, dans le cadre d’une étude menée en partenariat avec Harvard Business School, Boston College, et Stanford University sur le thème des « moteurs de la performance sociale au sein des organisations hybrides ».

Ce qui est apparu, c’est que la démarche était résolument celle de « FAIRE AVEC », d’instaurer la nécessité d’un dialogue permanent entre « économique » et « social », l’axe étant toujours porté sur la mission sociale en premier lieu.

Ainsi, quand le chef d’équipe voulait qu’un des employés en réinsertion se libère pour une mission urgente, porté par le souci que la mission soit menée à bien, comme des vrais pros… il devait dialoguer avec le responsable « Insertion » de Vivr’actif, pour veiller à ce que cet effort de charge de travail réalisé par le salarié ne soit pas au détriment de sa recherche d’un emploi stable par ailleurs, et que cet effort demandé puisse réellement être fourni par le salarié, dans le respect de ce que celui-ci pouvait donner comme énergie à son entreprise, sans se mettre en danger.

Les rédactrices de l’étude ont parlé de l’étonnante force de la TENSION FECONDE entre ces deux polarités qui a su se faire jour au sein de Vivr’actif…

Béatrice Bossart a été 6 ans ingénieur chef de projet chez Air Liquide avant de rentrer à la xavière… pour concrétiser ainsi son désir profond de venir en aide aux plus vulnérables, aux plus blessés par la vie, en les aidant à se réinsérer. Mais si on creuse un peu en l’interrogeant sur les clés de son succès – elle vous dit que c’est le succès de ses équipes… et elle a sans doute raison… On découvre alors que la spécificité de son approche réside dans sa capacité à faire dialoguer quotidiennement, et sans jugement de l’un par rapport à l’autre, l’économique et le social.

Béatrice – et ses équipes – ont réussi ce pari, au -delà de toute espérance : cette entreprise d’insertion perdure aujourd’hui, avec près de 100 salariés, un budget de 2,5 millions d’euros dont 1,5 millions de Chiffre d’Affaires.

Pour clore avec un exercice pratique :

1. Décrivez une personalité qui vous est antipathique. Décrivez bien le trait négatif ou qui vous fait peur, vous agace, voire vous répugne.
Ex : quelqu’un orienté business, qui ne pense pas à l’humain
OU quelqu’un de sensible au social, qui ne tient pas compte des exigences et des contraintes des réalités économiques.
2. Imaginez ce que ce trait négatif peut contenir de positif : le positif du business man est qu’il parvient à trouver sa place au sein du système économique, et qu’il peut même redistribuer ses richesses une fois devenu riche.
A l’inverse, quelqu’un qui est tourné vers le social à un point tel qu’il en oublie l’économique oublie la force et la joie d’un travailleur social qui gagne « vraiment » sa croûte.
3. Après avoir nommé la qualité ou le trait positif, vous pourrez vous demander si vous n’avez pas vous-même besoin de cette qualité ou de ce trait pour contrebalancer quelque chose dans votre tempérament.Un dernier exemple : Vous êtes reconnu pour votre grande générosité. C’est sans doute pourquoi vous détestez Albert que vous jugez égoïste.
En cherchant à découvrir un aspect positif de l’égoïsme, vous découvrirez peut-être la nécessité de « penser davantage à vous-même. »

 

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